Le rôle décisif des régions en matière d’éducation et de formation

Posted by cpmd On novembre 4, 2011 Commentaires fermés

Des régions « apprenantes » qui construisent l’avenir.

La compétence des régions en  matière d’éducation -gestion des lycées, accompagnement éducatif-, en matière de formation professionnelle tout au long de la vie, de soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche ainsi que leur responsabilité centrale dans le soutien à l’activité économique et à l’innovation les placent au cœur des problématiques qui lient éducation, formation et emploi. Les effets cumulés des bouleversements technologiques et de la crise très grave liée à la mondialisation et la financiarisation des échanges exercent une pression très importante sur l’emploi. Il s’agit pour nous d’apporter des réponses adaptées en termes de qualification, de création d’activités et d’emplois aux difficultés rencontrées par nos concitoyens. Une région « apprenante » doit procurer à chacun le meilleur niveau de formation initiale et continue pour faire face aux évolutions en cours dans les activités de production et de services, et pour s’adapter aux nécessaires mutations écologiques des activités et des modes de vie. Il faut en particulier développer les formations liées aux transformations sociétales : emplois verts, développement des énergies renouvelables, usage généralisé des technologies de l’information et de la communication. Il faut également répondre mieux aux besoins de formations adaptées aux emplois des bassins de vie, notamment dans le champ des services aux personnes et, d’une manière générale, de l’économie de la proximité.

Une société de la connaissance et de l’innovation

L’accès à la connaissance et à l’information sont indispensables à l’activité économique et à la cohésion sociale et territoriale. La possibilité de se former tout au long de la vie contribue au développement et à l’épanouissement individuel, à la citoyenneté et à une véritable intégration sociale. Il est indispensable d’élever le niveau d’éducation, de formation et de qualification pour accompagner chacun vers l’emploi et la sécurité professionnelle, et conforter dans le même temps la place des régions en matière de développement par l’innovation dans tous les secteurs de l’activité. Conforter la société de la connaissance est la garantie de notre capacité à relever des défis dont nous ne mesurons chaque jour mieux la nature et l’ampleur. De cet investissement stratégique découle la capacité du territoire à créer et mener des projets structurants lui permettant de se positionner au niveau national et international, tout en valorisant des richesses variées et une identité propre. L’éducation et la formation sont ainsi une chance pour nos régions en termes d’aménagement et de développement économique et la condition de parcours professionnel mieux maitrisés et sécurisés.

Donner à chacun les moyens de mieux se former tout au long de sa vie

Le niveau de qualification et de compétences du plus grand nombre doit être élevé de manière volontariste pour répondre aux enjeux de la société de la connaissance. Cela suppose de garantir, au service public de l’éducation, les moyens d’assurer sa mission, de garantir la transmission d’une culture générale dès le plus jeune âge, en formation initiale et à tous les niveaux d’enseignement. La formation générale initiale est la base fondamentale de l’orientation et de la formation tout au long de la vie. L’accompagnement adapté de chaque jeune, dès le plus jeune âge, représente un enjeu majeur pour l’acquisition des compétences transversales et transférables nécessaires à l’exercice de la citoyenneté et une formation réussie. Cela passe par des parcours d’enseignement adaptés aux projets de chacun, toujours plus de passerelles entre les filières et  une lutte active contre le fléau du décrochage scolaire. Les dispositifs qui sont mis en œuvre depuis plusieurs années dans la région Centre auprès de la jeunesse en font aujourd’hui une région pilote en matière d’accompagnement des jeunes en difficulté. Chacun doit pouvoir ainsi trouver une réponse adaptée à sa situation et à ses difficultés pour que nul ne reste sur le bord du chemin.

Nous devons en effet amener un nombre plus important de jeunes à la maîtrise des savoirs afin de leur permettre d’asseoir leur capacité créative et leur épanouissement personnel sur la richesse de notre culture, dans un environnement social favorable et ouvert. C’est à partir de cette créativité technique, scientifique et manuelle que peuvent naitre des activités nouvelles et que la capacité et l’envie d’entreprendre peuvent s’épanouir. Ceci doit être vrai aussi bien du lycée, du CFA, comme des formations supérieures. Faciliter la continuité professionnelle dans les trajectoires individuelles, aborder la formation comme un droit se traduisant par une offre concrète et adaptée tout au long de la vie, accompagner les jeunes comme les personnes rencontrant des difficultés particulières dans la construction d’un itinéraire professionnel, constituent un enjeu essentiel d’un nouveau modèle de développement social et environnemental que les acteurs régionaux doivent inscrire dans leurs priorités.

Promouvoir l’excellence et combattre l’exclusion avec une égale détermination.

L’effort des régions en direction des lycées est très important, tant sur le plan des investissements dans leur construction et leur entretien que dans les mesures éducatives d’accompagnement pour les jeunes : soutien scolaire, aides à la mobilité européenne, accès à la culture et à la citoyenneté. Le soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche doit être renforcé, ainsi que le lien avec l’entreprise. Nous devons conforter la place donnée au savoir, à la connaissance, à l’intelligence en nous appuyant sur nos atouts et en développant des pôles d’excellence. Il faut que nos universités gagnent en considération pour que les jeunes que nous formons aujourd’hui dans nos instituts, nos universités et nos écoles, puissent demain porter le développement économique et social de nos régions. Nous devons pour cela identifier les pôles de recherches et d’innovation de nos régions à l’échelle nationale et européenne. Ceci concerne aussi bien nos pôles de compétitivité, les grappes d’entreprises et tout le tissu des PME innovantes.

Dans le même temps, des dispositifs spécifiques tels que ceux que nous avons créés en Région Centre pour faire face aux situations de décrochage doivent être généralisés afin de conduire au mieux l’ensemble d’une génération vers l’insertion et l’emploi par le recours personnalisé à l’orientation et la formation. Nos « Contrats Régionaux pour l’Emploi et la Qualification » s’adressent ainsi aux jeunes sortant du système éducatif sans qualification, dont le nombre a déjà été divisé par deux. Il faut aller plus loin pour ne laisser personne sans solution de qualification et de (ré) insertion. Le repérage et la coordination des acteurs doivent s’améliorer en permanence pour lutter contre ce « décrochage » – à tout âge, quel que soit le statut et le niveau : pour les élèves, les apprentis, les étudiants, les élèves infirmiers, les jeunes en contrat de professionnalisation, les apprenants en formation continue. Les décrochages concernent également des adultes. C’est pourquoi nous avons créé un « Pacte de Continuité Professionnelle » permettant de faire face aux ruptures dans les parcours professionnels en assurant un retour vers l’emploi par des formations adaptées aux offres existantes.

Accompagner les jeunes nécessite d’aider les familles qui éprouvent des difficultés.

Investir massivement dans l’éducation et la formation exige de soutenir le pouvoir d’achat des familles pour assurer l’égalité des chances de nos jeunes et leur bonne insertion dans l’emploi. C’est ce que nous faisons en prenant en charge le premier équipement pour les apprentis, les manuels scolaires des lycéens, le coût de l’ordinateur pour les étudiants en second cycle, ainsi que des réductions sur leurs déplacements en TER. Aujourd’hui, les familles peuvent bénéficier en outre de la possibilité pour les lycéens et apprentis d’effectuer gratuitement un séjour éducatif en Europe, de la gratuité des transports ferroviaires régionaux pour les demandeurs d’emploi, de la gratuité des frais de scolarité pour les élèves en formation sanitaire et sociale avec des bourses confortées et la gratuité des formations d’aides soignantes.

Les connaissances acquises au cours de la formation initiale doivent être maintenues et entretenues.

Aujourd’hui, le premier diplôme obtenu structure excessivement l’avenir de chacun. Il s’agit de donner à tous les moyens et l’envie d’apprendre tout au long de sa vie en entretenant ses connaissances, notamment en prolongeant l’ambition des « Visas libres savoirs » qui contribuent fortement à prévenir l’illettrisme. La formation doit devenir un réflexe pour le plus grand nombre et tous doivent avoir les moyens de se former tout au long de leur vie. Pour Faciliter l’accès de tous à la formation tout au long de la vie, les services publics d’orientation et d’accompagnement, d’éducation et de formation, doivent répondre à des critères d’accessibilité et de proximité. Cela suppose à la fois de prévoir ces services au plus près des habitants et de lever les principaux freins rencontrés par ces femmes et ces hommes, d’inégalité d’accès notamment pour les femmes, en termes de mobilité, de financement, de logement, de garde d’enfants, etc.

Développer et renforcer l’éducation et la formation au profit des habitants

Les Plans Régionaux de Développement des Formations ont été à l’origine d’avancées réelles en termes de lutte contre le décrochage scolaire, d’accès aux savoirs de base, d’information des adultes sur leurs droits et les dispositifs de formation. L’élargissement à l’ensemble des voies de formation, une élaboration construite avec tous les acteurs régionaux par le décloisonnement et l’articulation des interventions, ont permis des avancées concrètes du droit à la formation tout au long de la vie. Le nouveau « Contrat de Plan Régional pour le Développement des Formations Professionnelles » signé entre l’Etat et les Régions est un outil stratégique qui doit favoriser  les passerelles pour changer d’orientation, permettre les poursuites ou les reprises d’étude et le retour en formation après la formation initiale. Ceci passe par une meilleure coopération quotidienne entre les acteurs de l’orientation et de la formation tout au long de la vie. Cela rend nécessaire l’existence d’un véritable service public régional de la formation tel que nous l’avons créé en Région Centre, pour structurer et coordonner les actions et animer le réseau des acteurs concernés. De nouvelles coopérations doivent ainsi se construire dans les territoires pour définir conjointement des orientations prioritaires, articuler formation professionnelle, recherche, innovation et développement des activités.

François Bonneau,

Président de la Région Centre.


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